S’imposer des échéances efficaces

Cette semaine, je travaille vraiment beaucoup, pour la simple et bonne raison que je pars bientôt pour une croisière de presque un mois.

D’habitude, je ne suis clairement pas aussi productif. Mais pour une fois, je me démène carrément car je veux en avoir finit avec tout ce travail avant de partir.

Pendant cette croisière, je me suis imposé deux gros projets avec une échéance claire: les avoir terminés avant la fin du voyage.

Avant de partir, j’essaie également de relever un autre défi: terminer les 60 premières leçons du programme d’Espagnol de Pimsleur. Défi que j’ai maintes fois tenté de relever et maintes fois échoué. Mais cette fois, je vais réussir. Comment est-ce que j’ai prévu de terminer tout ça dans les temps ? Et bien je me suis tout simplement imposé comme condition d’avoir complètement fini ces leçons avant le début de la croisière, ou bien mon pote Tynan gagne le droit de m’envoyer un coup de poing en pleine tête.

Voilà un exemple simple d’échéance personnelle, et ça fonctionne à merveille.

Je ne suis pas forcément partisan du concept d’échéances et d’objectifs en général, mais je suis d’avis qu’il bien de pouvoir se servir de ce qui fonctionne pour soi. Si vous travaillez très bien sans dates butoirs et autres objectifs, alors je vous en prie, continuez. Mais si vous éprouvez des difficultés à faire avancer un de vos projets (comme l’apprentissage d’une langue), alors vous n’avez rien à perdre à tenter de mettre en oeuvre ce concept.

Voilà quelques astuces qui fonctionnent dans mon cas:

1. Avoir une motivation extérieure pour réussir dans le temps imposé. Par exemple dans mon cas, mon départ pour cette croisière est une date butoir pour tout le travail que j’ai à faire, car je n’aurais pas une bonne connexion Wi-Fi à bord, donc j’ai vraiment tout intérêt à avoir à peu près tout finalisé avant de partir. Et l’idée de ce coup de poing de Tynan qui m’attend si je ne termine pas mon programme d’Espagnol dans les temps va certainement me permettre de suivre efficacement mes leçons.

2. Mais avoir une motivation intérieure plus puissante. Cette fameuse motivation extérieure aide certainement à vous pousser dans la bonne direction, mais si votre projet ne vous passionne vraiment pas, alors vous n’aurez de toute façon pas le coeur à ça. Le cœur a un rôle primordial. Dans mon cas, je sais que je fais mon travail parce que je veux aider les personnes dans le besoin et que c’est cette connexion et cette intention d’aider l’autre qui me motive par dessus tout. Pour les leçons d’Espagnol, je suis poussé en avant par mon envie d’échanger davantage avec les gens que je rencontre quand je voyage, plutôt que d’être un simple touriste qui attend que les autres lui parle en anglais.

3. Se mettre dans de vraies conditions pour réussir. Avoir la motivation et s’être imposé une échéance ne feront pas tout…il vous faut maintenant réfléchir à comment vous allez concrètement atteindre vos objectifs. Quand comptez-vous suivre ces leçons d’Espagnol? Quel moment de votre journée allez-vous réserver à la réalisation de ce projet? Bloquez vraiment ces moments, et apprenez à vous concentrer lorsque vous êtes dans un de ces créneaux. Personnellement, ce qui me permet de rester concentré alors que tout ce que j’ai envie de faire c’est d’arrêter et de me distraire, c’est de repenser à mes motivations intimes et à mes échéances extérieures.

Il y a deux raisons pour lesquelles un concept comme celui-ci, qui peut pourtant sembler extrinsèque et excessif, fonctionne.

La première raison, c’est qu’il vous projette au delà de vos appréhensions. Parfois, même avec d’excellentes motivations personnelles, nous repoussons notre travail et nos projets d’apprentissage parce que nous avons peur. Nous avons peur de l’échec, de la difficulté, de ne pas savoir, de ne pas être doué pour quelque chose. En d’autres termes, nous avons peur de l’inconnu. Et nous fuyons l’inconnu, tous les jours, toute la journée.

Mais une échéance, posée ainsi, vous permet de passer outre cette peur. Elle vous amène là où vous voulez être, vous met au boulot, sans plus penser à si oui ou non vous devez le faire. Elle vous empêche de prendre la fuite.

La seconde raison, c’est qu’il ne vous laisse pas le choix. Tous les jours, nous faisons des choix – vérifier nos emails, vérifier nos réseaux sociaux, lire des articles de blogs, lire les news, ranger la maison, faire des courses ou bien se mettre au travail. Facile d’être fatigué par tous ces choix, et quand vient le moment de choisir, nous optons souvent pour une alternative plutôt que de faire ce que nous voulons vraiment faire mais qui nous effraie.

Les échéances avec des motivations extérieures efficaces (comme se prendre un coup de poing dans le visage ou bien perdre 10.000$ en cas d’échec) vous enlèvent le besoin de choisir. Tout d’un coup, vous savez pertinemment que vous aller faire votre travail ou bien suivre ce cours de langue. Vous vous asseyez, et vous le faites, sans même y réfléchir, tout simplement parce que le choix a été fait à votre place.

Vous n’avez pas besoin d’échéances tous les jours et tout le temps. Mais parfois, vous imposer des conditions qui vous interdisent toutes formes de choix et qui vous projettent au delà de vos peurs peut être exactement ce qu’il vous faut.

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